Brève : L'immatériel sera-t-il assez financé ?

La transformation digitale ne concerne pas uniquement le secteur bancaire, et représente un enjeu important pour les entreprises en général. Et si les PME et ETI françaises sont en retard par rapport à celles d’autres pays européens, de plus en plus d’entreprises devraient rapidement intégrer des technologies numériques dans leurs activités (algorithmes, intelligence artificielle, Internet des objets…). C’est en tout cas la thèse du médiateur du crédit aux entreprises, Fabrice Pesin. Le président de l’Observatoire du financement des entreprises a rendu public en octobre son rapport attendu sur les « nouveaux défis » de cette transformation numérique. « C’est un enjeu fondamental que tout le système financier s’adapte à ces défis et que le système bancaire soit capable de répondre à une vague de financement », affirme Fabrice Pesin. Car si l’accès au financement en dette bancaire comme en fonds propres est satisfaisant à ce jour – notamment parce qu’il y a beaucoup d’autofinancement de l’immatériel, ce qui n’est pas bon pour la trésorerie de l’entreprise –, il faudrait être capable de financer rapidement de bien plus gros volumes, selon le médiateur.

Le rapport propose des pistes d’amélioration destinées à s’adapter aux spécificités de ce financement. L’immatériel par nature n’offre pas de garantie tangible au prêteur. La calibration a priori des montants à financer comme le retour sur investissement et la rentabilité du projet sont difficiles à chiffrer. Aux entreprises de mieux préparer les projets, et aux banques de mieux les comprendre, les analyser et appréhender leurs risques.

« Il faut mieux valoriser les actifs immatériels pour rassurer les financeurs et faciliter leur examen des projets d’investissement immatériel, explique Fabrice Pesin. Dans les comptes des entreprises, beaucoup de dépenses immatérielles passent en charges, or elles sont de l’investissement. » Le rapport de l’Observatoire propose notamment qu’une campagne soit menée pour inciter à utiliser les marges de manœuvre existantes pour activer et immobiliser certaines dépenses immatérielles, comme le permettent les règles comptables françaises sous certaines conditions. L. B.

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