Chronique : Quelle forme idéale pour un produit d’épargne retraite complémentaire ?

Le panorama des produits d’épargne retraite va changer en France et en Europe, avec la création de nouveaux dispositifs [1], permettant l’harmonisation des produits existants et leur portabilité dans toute l’Europe. Plusieurs questions essentielles se posent. Quelle forme doit prendre un produit de base pour la retraite complémentaire ? Les individus doivent-ils pouvoir disposer de leur capital à tout moment après le départ à la retraite ou bien celui-ci doit-il faire l’objet d’une conversion obligatoire en rente viagère ?

Dans la plupart des pays, les individus ont peu d’appétit pour les rentes viagères. La rente offre certes la possibilité de recevoir un revenu jusqu’au décès, et permet aux individus de bénéficier du « crédit de mortalité » (gain lié au fait que les fonds contribués par les individus qui décèdent précocement sont repartagés entre ceux qui vivent plus longtemps). Mais la volonté de transmettre son patrimoine à sa descendance, l’irréversibilité des rentes en cas de dépenses imprévues (santé notamment), le risque de défaut des assureurs et le coût associé à ces produits (coûts administratifs, coûts liés aux problèmes de sélection adverse pour l’assureur), rendent la conversion en rente sous-optimale. Par ailleurs, le portefeuille d’annuité devrait idéalement être diversifié, comme un portefeuille financier, entre rentes fixes, rentes indexées sur l’inflation et rentes variables dépendant de la performance du marché actions, ces deux dernières étant malheureusement quasiment inexistantes en France et dans de nombreux pays européens. Enfin, la stratégie optimale d’annuitisation n’est pas de convertir l’intégralité de son capital lors du départ à la retraite. Cette stratégie devrait idéalement être graduelle, l’individu devant conserver du capital investi, notamment en actions, longtemps après le départ à la retraite [2].

Au final, le niveau optimal d’annuitisation dans un produit d’épargne retraite complémentaire dépend du taux de remplacement offert par le 1er pilier des pensions, de la couverture santé individuelle, et des besoins de consommation, liquidité, transmission de patrimoine des individus. Au vu de l’hétérogénéité des situations individuelles, offrir de la flexibilité, assortie de conseil, dans le choix du mode de décumulation est important.

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