Confinement et pollution de l’air : que doit-on retenir ?

Pendant la durée du confinement, le niveau de pollution de l’air a baissé grâce à la diminution du trafic routier, entre autres. On a donc pu constater qu’une cinquantaine de jours seulement suffisaient à donner des résultats concrets. De facto, cela pose question : faut-il être plus incisif sur l’usage de la voiture ou encore sur l’autosolisme (i.e. se déplacer seul en voiture) ?

Retour sur le confinement : automobile et baisse du niveau de pollution

Le sujet a déjà fait couler beaucoup d’encre : avec les mesures de confinement, la pollution atmosphérique a drastiquement baissé, et ce dans de nombreux pays (France, Italie, Chine…). « AirParif a récemment publié une étude d’impact des effets du confinement sur le niveau de pollution de l’air, explique l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) à Assurland. Constat : une amélioration de la qualité de l’air de l’ordre de 20 à 30% dans l’agglomération parisienne, due à une baisse des émissions de plus de 60% pour les oxydes d’azote. » Le confinement a donc cobénéficié tant au climat qu’à la qualité de l’air.

Il faut dire que « le secteur des transports est un des plus grands contributeurs de gaz à effet de serre (GES) », d’après l’ADEME, qui rappelle qu’un objectif de neutralité carbone a été fixé pour 2050. Pourtant, on constate une « augmentation du parc automobile de 39 % depuis 1990 avec des voitures plus lourdes et plus puissantes » ainsi qu’une « utilisation de la voiture compe part modale principale et principalement seul dans sa voiture ».

Toutefois, « l’impact sur les particules (PM10 et PM2,5) est peu visible au début du confinement, même si ces données sont à confirmer avec plus de recul », allègue d’ADEME. Est notamment en cause le chauffage résidentiel. En effet, ce dernier, surtout lorsqu’il est au bois, favorise grandement la formation de particules fines, surtout au printemps où la météo favorise les réactions chimiques avec la formation de particules dites secondaires.

Quel avenir pour l’automobile avec de telles conclusions ?

Concernant l’automobile, nombreux sont ceux qui pensent qu’il faudrait la réguler davantage, en particulier en métropole. « La crise et le confinement nous a appris qu’il était nécessaire d’agir sur la sobriété de nos déplacements, sur le report modal de la voiture individuelle vers des modes alternatifs, actifs et plus respectueux de l’environnement », témoigne encore l’ADEME.

Toutefois, les difficultés ne sont pas les mêmes en métropole et en zone rurale. Dans certaines zones isolées et loin de la ville, la voiture est incontournable, en particulier pour les familles. Les longues distances parfois impliquées par la ruralité ne conviennent pas aux mobilités douces comme le vélo ou la trottinette électrique. En outre, les transports en commun viennent souvent à manquer, contraignant parfois à l’autosolisme.

On peut alors penser à la voiture électrique, que beaucoup plébiscitent et voient comme la motorisation du futur. « Lorsque la voiture individuelle est la seule option viable, alors nous pouvons parler d’amélioration technologique. Mais il est important de rappeler une démarche en trois temps : 1- agir sur la demande ; 2- reporter sur des modes plus vertueux ; 3- améliorer par des technologies pertinentes. Sur ce dernier point, le véhicule électrique a des avantages indéniables en terme de réduction des émissions polluantes à l’échappement là où il est utilisé », analyse l’ADEME.

Déconfinement : des solutions alternatives pour la mobilité ?

Ainsi, il faudrait développer des solutions alternatives de mobilité permettant une meilleure circulation de ces derniers. Mais pour l’ADEME, il est même impératif de penser ces solutions avant de penser la voiture de demain : « Il existe de nombreuses actions à envisager avant de parler de transformation du parc de véhicule qui, de par son taux de renouvellement prends du temps pour concrétiser les impacts attendus ».

Et ces solutions sont très nombreuses. La grève interprofessionnelle contre la réforme des retraites ainsi que le confinement ont par exemple grandement stimulé la pratique du vélo, bien que les infrastructures concernant cette solution modale restent à améliorer. Pour l’ADEME, la réflexion s’inscrit autour de deux grands leviers : « Sobriété (télétravail, recours aux circuits courts, limitations des déplacements en avion) et Report (utilisation du train plutôt que l’aérien, vélo au lien de voiture individuelle) pour ne citer que ces exemples », conclut l’Agence.

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