Brève : Le groupe Société Générale rationalise sa banque de détail

L’annonce en décembre du projet de fusion de Société Générale avec sa filiale Crédit du Nord ouvre-t-elle une ère d’accélération de la transformation des banques en France ? Le projet est en tout cas présenté dans le contexte de la crise de la Covid-19. « La banque de détail connaît des évolutions accélérées par la pandémie. Nous nous projetons vers l’avenir et nous changeons de dimension », affirmait Philippe Aymerich, directeur général délégué, le 7 décembre. Les 1 440 « agences de plein exercice » (auxquelles s’ajoutent des points de vente et agences multisites) de Société Générale et les 660 agences du groupe Crédit du Nord seront réorganisées pour aboutir à 1 500 agences en 2025, soit 600 fermetures en 5 ans. Des arbitrages locaux seront faits alors que 60 % des agences Crédit du Nord se trouvent à moins d’un kilomètre d’une agence Société Générale. Le groupe assure qu’il n’y aura pas de suppression de poste et que la transition se fera avec les départs naturels de 1 500 personnes par an. « Dans le contexte, assez ancien, d’une industrie bancaire arrivée à un certain plateau de maturité en termes de façon de gagner de l’argent et d’être profitable, et avec le contexte particulier de la crise sanitaire et économique, des décisions de rationalisation qui sont prises depuis un certain temps dans les banques connaissent une accélération dans leur exécution, dans une logique de diminution des charges d’exploitation », estime Julien Maldonato, associé Conseil industrie financière, Deloitte. Une migration informatique vers un Système d’information (SI) unique devrait se terminer au premier semestre 2023. Les fonctions centrales et support seront « unifiées » et « optimisées ». Le projet procède aussi de l’idée que l’utilisation du digital pour communiquer avec sa banque a connu une accélération. D’après Société Générale, cette utilisation a atteint en 2020 le niveau que l’on aurait attendu en 2024 sans cette crise. « Il y a une accélération car la crise sanitaire a forcé les Français à se digitaliser chez eux, a démystifié l’accès à distance aux services financiers. Et il y a à côté de cela un modèle économique qui n’est plus supportable. L’accélération, ce sont les résultats à publier, pour les banques qui ont des actionnaires, mais aussi pour les mutualistes. Toutes les banques réfléchissent à accélérer la rationalisation », considère Julien Maldonato. L.B.

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