La RATP poursuit son offensive en pariant sur Zenride

Le groupe de transport collectif est monté au capital d’une start-up de vélo de fonction via RATP Capital Innovation. Ces dernières années, ce fonds a investi dans des jeunes pousses spécialisées dans le covoiturage, l’auto-partage et le scooter électrique.

La RATP se met à l’heure du vélo-boulot-dodo. L’entreprise de transports collectifs a pris une participation dans Zenride, une start-up française de vélos de fonction qui vient de réaliser une levée de fonds de 8 millions d’euros.

Ce financement a été réalisé via RATP Capital Innovation – le fonds d’investissement du groupe dédié aux nouvelles mobilités – aux côtés d’Alter Equity, un fonds à impact qui a mené le tour de table. Zenride a été fondée en 2018 et propose aux entreprises de louer des vélos de fonction pour leurs salariés dans un réseau de magasins partenaires. Les montures sont fournies avec une assurance, un casque et un cadenas.

Les entreprises paient 70 % du prix de la location et les salariés les 30 % restants pendant une période de 36 mois. A la fin du contrat, l’employé peut acheter le vélo s’il le souhaite. La start-up a signé des contrats avec Accor, AXA, Saint-Gobain, Havas ou Veolia et est en concurrence avec pléthore de nouveaux acteurs sur ce marché (Azfalte, Tim Sports, Tandem, Startbolt, etc.).

Un portefeuille diversifié

« Nous nous sommes surtout développés chez les grands groupes et voulons continuer à planter notre drapeau chez les entreprises du CAC 40 et celles du SBF 120 », indique Olivier Issaly, le nouveau patron de Zenride. Alors que les pistes cyclables se multiplient et que de plus en plus d’entreprises cherchent à diminuer leur empreinte carbone, la RATP ne voulait pas passer à côté de l’occasion.

« Cela faisait un moment qu’on regardait les start-up dans le secteur », observe Stéphanie Bourgeais, la directrice de RATP Capital Innovation. « Zenride a l’ambition de démocratiser le vélo en permettant à des salariés d’y accéder grâce à leur entreprise. On va leur apporter des fonds au moment où ils sont prêts à accélérer », juge-t-elle.

C’est en 2017 que la RATP a lancé un fonds dédié aux nouvelles mobilités. Ce dernier est doté d’une enveloppe de 30 millions d’euros et a par exemple investi dans Klaxit , le spécialiste du covoiturage domicile travail, Cityscoot, le roi du scooter électrique , Communauto, un acteur de l’auto-partage et Zenpark, un opérateur de parking partagé.

Le fonds s’intéresse aussi à la smart city et a pris des parts dans Vianova , une plateforme qui aide les villes à organiser les flux de micromobilité et à intégrer la logistique urbaine. Ces investissements visent aussi à créer des synergies avec les activités principales de la maison mère (bus, métro, tram, etc.).

La pandémie, une période difficile

« Ces deux dernières années, on a dû calmer le jeu avec la crise et on a surtout cherché à accompagner les start-up de notre portefeuille », rappelle Stéphanie Bourgeais. La pandémie a en effet été un coup rude pour les acteurs de la mobilité, qui ont été nombreux à souscrire à un PGE (prêt garanti par l’Etat), mais aussi pour la RATP qui a vu ses ressources se tarir avec l’essor du télétravail et la baisse du nombre de touristes.

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