Quels travaux de rénovation énergétique réaliser en 2021 ? Réponse avec Audrey Zermati (Effy)

Audrey Zermati, directrice stratégie chez EFFY, nous délivre quelques conseils pour vos futurs travaux de rénovations énergétiques. Le 1er janvier 2021, la nouvelle version de l’aide gouvernementale MaPrimeRénov’ entre en effet en application, avec des économies à la clef. 

Que peut-on conseiller en termes de travaux à réaliser en priorité ? 

Tout dépend du type de logement. Si vous êtes dans un logement collectif, en appartement, vous avez moins de choix, car vous n’avez pas la main sur tous les travaux. Dans ce cas, le changement de fenêtres fait partie en effet des travaux qu’il est possible de réaliser en priorité, avec souvent une vraie économie en chauffage à la clef, et un gain de confort non-négligeable. Dans le cas d’une maison individuelle, nous rénovons en priorité les combles, car c’est par le toit que s’échappe le plus de chaleur. Ensuite l’isolation des sous-sols : on procède ainsi à l’isolation du haut et du bas du logement, avant de s’attaquer aux fenêtres par exemple, et aux façades en général, ce qu’on appelle l’isolation par l’extérieur. Puis, quand la toiture, les sous-sol et les murs sont isolés, et donc qu’il n’y pas plus aucun « pont thermique » [surface de l’habitation qui n’est pas isolée comme les autres, et qui rompt donc la barrière isolante, ndlr] nous pouvons finir par le système de chauffage. 

À propos du chauffage justement, que conseillez-vous pour en changer ? 

Tout dépend là aussi de votre situation. Si vous êtes déjà raccordé au gaz, et que vous avez donc déjà une chaudière gaz, le plus économique à l’investissement, puis sur le coût de la facture dans la durée, sera l’investissement dans une chaudière à gaz à très haute performance énergétique (THPE). Si vous êtes plutôt isolé avec un chauffage au fioul, dans ce cas-là nous allons plutôt vous conseiller de changer pour une pompe à chaleur. Si vous avez un peu plus de moyen, nous allons davantage vous conseiller une chaudière biomasse, sachant que la biomasse à l’investissement est un peu plus chère [jusqu’à 20 000 euros, ndlr] mais le coût de la facture sur le long-terme s’en ressent, car son combustible, sous forme de granules de bois et de résidus organiques (paille, coques de fruits, etc.) est le moins cher du marché. 

Que pensez-vous de la nouvelle version de MaPrimeRénov’ qui entrera en vigueur en janvier ? 

C’est une très bonne nouvelle, car le montant est désormais immédiatement visible : il est fixe, ce qui a des vertus par rapport à un crédit d’impôt, où l’impact est plus difficile à percevoir sur l’investissement, car il s’agit d’une déduction fiscale après coup. D’autre part cette nouvelle aide est versée rapidement après la fin des travaux, contrairement là aussi au crédit d’impôt que nous connaissions avant. De plus, tout le monde peut maintenant prétendre à cette prime, il y a donc une vraie simplicité dans la compréhension de cette aide accessible à tous. Et enfin, elle est cumulable avec d’autres dispositifs d’aides, ce qui permet de faire un paquet intéressant à déduire du devis.  

« Concernant MaPrimeRénov’, nous sommes mandatés pour distribuer cette aide dans sa nouvelle mouture, et nous avons donc pour ambition d’accompagner les particuliers pour l’obtenir tout au long de l’année prochaine, mais aussi de les aider à la cumuler avec le plus d’autres primes ».

Il y a notamment parmi ces aides cumulables avec MaPrimeRénov’ les Certificats d’Économies d’Énergies (CEE), créés par Effy. 

En effet, c’est une autre prime, qui va être aussi versée aux particuliers qui réalisent des travaux de rénovation énergétique. Son montant diffère selon le type de travaux, et le niveau de revenu, dans la même logique que MaPrimeRénov’. Mais les deux aides cumulées peuvent couvrir jusqu’à 90% du coût du chantier, notamment pour les ménages les plus modestes. Ces Certificats d’Économies d’Énergies sont un dispositif qui existe depuis le début des années 2000 et qui relève du principe pollueur/payeur. C’est une obligation qui repose sur les fournisseurs d’énergie, et elle les contraint à réaliser (ou à faire réaliser par des prestataires) des travaux chez les particuliers, avec des incitations, d’où les primes. Ces fournisseurs le font soit directement auprès de leurs clients, soit en passant par des acteurs comme Effy, qui vont distribuer ces primes. EDF va par exemple racheter des CEE à Effy, car les travaux à domicile ne sont pas forcément leur cœur de métier, et nous allons réaliser ces travaux, qui donnent lieu à des primes, via ces CEE.

Et il y a également des aides supplémentaires, au niveau local ? 

Il y a en effet encore d’autres aides, comme celle proposée par Action logement, qui fournies uniquement pour les salariés, et leur permet jusqu’à 2 000 euros d’aides. Il y aussi l’éco-prêt à taux zéro, distribué par les banques, pour aider au financement des projets. Et, pour les aides moins directes, nous avons par exemple la TVA à 5,5% pour les travaux de rénovations énergétiques, par rapport au taux habituel de TVA, qui est plutôt autour de 20%, puis les aides locales, qui se cumulent, et permettent d’aller jusqu’à 100% du coût des travaux.

Pour simuler le montant qu’il est possible de toucher, Effy a aussi lancer une application : quelles sont les aides prises en compte dans le calcul ? 

Nous avons en effet développé un simulateur d’aides, qui intègre MaPrimeRénov’, et les primes CEE, mais qui ne vas pas jusqu’aux aides locales en termes de calcul. En revanche, nous indiquons aux particuliers qui utilisent notre application s’il y a des aides locales disponibles dans leur région. 

Quels sujets vont faire l’objet d’une attention particulière de la part d’Effy en 2021 ? 

Nous avons sujet que nous regardons de très près, c’est le financement du reste à payer pour les ménages les plus modestes. Quand il reste à payer 10% du coût de devis par exemple, comment arrive-t-on à créer un financement attractif pour les particuliers à l’aide des banques ? C’est une de nos pistes de réflexion pour que le coût des travaux de rénovations énergétiques soit toujours le moins élevé possible. Et puis nous avons notre offre solaire que nous allons déployer rapidement. C’est une offre de consommation d’électricité via la production solaire sur son toit. Une démarche qui vient compléter des travaux de rénovations énergétiques, via la production de sa propre consommation. Ces travaux ne sont pas encore inclus dans les différentes primes, nous souhaitons donc les proposer à un très bon rapport qualité/prix, car notre ambition est de fournir au plus grand nombre ce mode d’alimentation alternatif dans les années à venir. Il s’agit pour nous de travaux qui ont du sens, pour des questions environnementales, mais aussi de coût, car ils permettent de faire de réelles économies. Concernant MaPrimeRénov’, nous sommes mandatés pour distribuer cette aide dans sa nouvelle mouture, et nous avons donc pour ambition d’accompagner les particuliers pour l’obtenir tout au long de l’année prochaine, mais aussi de les aider à la cumuler avec le plus d’autres primes.

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