Assurance voyage : ces idées reçues qui pourraient vous coûter cher cet été

 Avant de partir en vacances, assurez-vous d’être au point sur vos couvertures d’assurance voyage. Car en la matière, les idées reçues ont la vie dure…

Je suis déjà couvert par ma carte bancaire

Il n’est pas rare que les touristes français pensent être déjà couverts pour leur voyage grâce au contrat d’assurance inclus dans leur carte bancaire. Dans les faits, les cartes bancaires « classiques » ou « Premium » (Carte Visa Premium, Mastercard Gold, Visa Infinite…) vous couvrent en France mais n’incluent pas nécessairement de couvertures adaptées aux séjours à l’étranger. La couverture liée à la prise en charge des frais médicaux à l’étranger est bien souvent minimaliste pour les cartes classiques.

Avec les cartes bancaires «Premium », les couvertures incluses sont plus avantageuses mais les plafonds de remboursement restent moins élevés que ceux d’une assurance voyage internationale spécifique. À titre d’exemple, avec une Visa Classic ou Mastercard, le remboursement des frais médicaux est souvent plafonné à 11.000 € par personne. Or, aux États-Unis, le coût moyen d’un séjour à l’hôpital après un accident ou une chute est de 13.000 €.Le plafond peut donc être vite atteint, voire dépassé ! Quant à la carte Visa Premium, elle prendra en charge les frais médicaux jusqu’à 155.000€ (contre 200.000 €-300.000 € pour une assurance voyage spécifique). Concernant les garanties annulation voyage, indemnisation bagages et retard de transports, elles sont très limitées, voire absentes pour les cartes bancaires « entrée de gamme ». Sur les cartes bancaires « Premium», ces couvertures sont présentes mais avec des plafonds encore une fois moindres.

Enfin, il est important de savoir que les cartes bancaires appliquent des conditions plus restrictives sur la notion de « famille » et le terme de « proche ». Pour les cartes bancaires « Premium », sont couverts uniquement le titulaire de la carte, son conjoint (marié, pacsé) et ses enfants fiscalement à charge. « Soyez vigilants dans le cas des couples non mariés, non pacsés, ou encore dans le cadre des familles recomposées. Idem si vous partez en voyage avec vos amis. Ils ne seront pas couverts par votre assurance de carte bancaire » conseille Catherine Dibouès, Responsable marché Mobilité-Loisirs à la Direction Marketing & Digital d’Allianz Partners.

Je bénéficie de la sécurité sociale

Les Français ont la chance de disposer d’un système de protection sociale très avantageux. Il n’en est pas de même dans tous les autres pays. La nécessité de souscrire une assurance voyage spécifique s’apprécie donc au regard de la destination choisie. En cas de voyage en Europe, il faut demander 15 jours avant le départ sa carte européenne d’assurance maladie (CEAM), laquelle permettra de bénéficier d’une prise en charge des frais médicaux sur la base du coût des tarifs locaux. « En cas de vacances hors d’Europe, il peut exister des conventions entre États pour la prise en charge des frais médicaux, mais ce n’est pas le cas pour toutes les destinations. Et il est fréquent qu’une partie des dépenses médicales faites sur place restent néanmoins à la charge du voyageur » estime Guillaume Aksil, avocat en droit des assurances.

Dans les pays où il existe un accord avec la Sécurité sociale, cette dernière, et votre mutuelle en complément, couvriront vos frais médicaux à hauteur de leur propre barème. Mais dans de nombreuses destinations (y compris en Europe), les frais d’urgence (hospitalisation, frais médicaux, examens, honoraires…) sont prohibitifs. Par conséquent, le montant qui reste à votre charge (différence entre la somme totale des frais médicaux et les montants pris en charge par la Sécurité sociale et la mutuelle) est souvent très élevé. « Quant aux pays avec lesquels il n’y a pas d’accord avec la Sécurité sociale et/ou avec votre mutuelle, si vous n’avez pas souscrit d’assurance médicale, l’intégralité des frais médicaux ou d’hospitalisation seront à votre charge » confirme Catherine Dibouès.

Je peux compter sur mon ambassade

Les ambassades et les consulats s’occupent avant tout des ressortissants français qui résident dans le pays hôte. Si vous êtes de passage dans le pays et que vous rencontrez des difficultés, voici ce qu’ils pourront faire pour vous :

  • Vous apporter une aide administrative en cas de perte ou de vol de vos papiers d’identité (passeport, carte d’identité, permis de conduire), en vous fournissant une attestation qui vous aidera à obtenir de nouveaux papiers,
  • En cas de difficultés financières, ils vous indiqueront le moyen le plus efficace pour que des proches puissent vous faire parvenir de l’argent
  • En cas d’arrestation ou d’incarcération, ils vous communiqueront des informations sur la justice locale et pourront vous aider à trouver un avocat
  • En cas de maladie ou d’accident, ils pourront éventuellement vous indiquer un médecin agréé et prévenir vos proches

« En revanche, les consulats et les ambassades ne vous apporteront aucune aide financière directe. Tous les frais relatifs à un rapatriement, une consultation médicale, une hospitalisation, des frais de justice (caution pénale, avocat) seront toujours à votre charge et ne seront jamais avancés » prévient Catherine Dibouès.

La médecine d’urgence ne coûte pas cher

Le coût des frais médicaux d’urgence à l’étranger est souvent largement sous-estimé par les voyageurs français, habitués à la protection qu’offre la Sécurité sociale. « Nombreuses sont pourtant les destinations dans lesquelles les frais médicaux sont très élevés. C’est bien sûr le cas en Amérique du Nord ou en Australie mais pas seulement » rappelle Catherine Dibouès.

Exemples de frais médicaux dans des destinations touristiques prisées des Français (chiffres Allianz Partners) :

  • Faux pas dans un escalier en Turquie : 14.161 €
  • Accident de voiture au Brésil : 48.210 €
  • Chute en Thaïlande : 26.000 €

En cas de problème, je serai systématiquement rapatrié en France

En cas de problème de santé, même sans gravité, il n’est pas garanti de pouvoir sauter dans le premier avion. Quand bien même cela serait possible, cela ne sera pas sans frais. Dans de nombreux cas, votre état de santé peut nécessiter une hospitalisation/une immobilisation sur place, et ce, jusqu’à ce que vous puissiez à nouveau voyager et rentrer chez vous. « Par exemple, il n’est pas possible de prendre l’avion avec une entorse ou une jambe cassée, ou alors avec des précautions bien particulières et uniquement avec un avis médical favorable, sans quoi la compagnie aérienne peut refuser votre embarquement » précise Catherine Dibouès.

Si vous souhaitez anticiper votre retour en France pour vous faire soigner et que votre état de santé vous permet de prendre l’avion, la modification de vos billets à la dernière minute engendrera certainement des frais importants. Et si votre billet n’est pas modifiable, vous devrez en racheter un nouveau au prix fort. Souscrire une assurance voyage spécifique vous permet de bénéficier de garanties d’assistance incluses : organisation de votre retour en France par des médecins, prise en charge des frais supplémentaires de transport si vous avez besoin de voyager allongé, réservation d’un nouveau billet d’avion si vous ne pouvez plus utiliser le vôtre, prise en charge de vos frais médicaux sur place…

Attraper le Covid en voyage n’a pas d’impact

En plus de permettre l’entrée dans les pays qui l’ont rendue obligatoire, l’assurance Covid est vivement conseillée, dans la mesure où elle permet une prise en charge des frais médicaux en cas de contamination à l’étranger. « On sait désormais que les conséquences du virus peuvent entraîner une hospitalisation dans des services de réanimation dans les cas les plus graves. Souscrire une assurance Covid présente donc une utilité bien réelle » explique Guillaume Aksil. La liste des garanties est large : téléconsultation médicale 24h/24, prise en charge de tous les frais médicaux liés au Covid, pris en charge des frais d’achat d’un nouveau billet de retour (si décalé pour cause de Covid), prise en charge des frais supplémentaires (hébergement, restauration) en cas de mise en quarantaine juste avant le retour en France…

Avant votre départ, nous vous invitons à vous renseigner sur l’évolution de la situation épidémiologique liée au coronavirus ainsi que sur les mesures sanitaires en vigueur dans votre pays de destination. Ces informations sont régulièrement mises à jour dans la rubrique «Conseils aux voyageurs» sur le site du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

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