L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a publié le 30 juin son analyse consacrée à la revalorisation 2025 des contrats d’assurance-vie et de capitalisation. Le taux de revalorisation moyen des supports en euros des contrats individuels s’établit à 2,63 %, net de prélèvements sur encours et avant prélèvements sociaux, niveau identique à celui de 2024. Les contrats collectifs à dominante retraite progressent de 11 points de base, à 2,64 %, contre 2,53 % l’exercice précédent.
Ce que recouvre le taux de revalorisation
Un contrat d’assurance-vie combine deux catégories de supports. Les unités de compte, investies en fonds d’investissement, en organismes de placement collectif ou en parts de sociétés civiles de placement immobilier, ne comportent pas de garantie sur le capital. Le fonds en euros, à l’inverse, garantit le capital versé. Leur performance nette s’est établie à 4,7 % en 2025 pour les unités de compte.
Le taux de revalorisation correspond au rendement garanti augmenté de la participation aux bénéfices, c’est-à-dire à la fraction des résultats financiers que l’assureur choisit de redistribuer. Il constitue l’indicateur de comparaison entre contrats, sous réserve de plusieurs précautions méthodologiques. L’ACPR souligne que le taux moyen intègre les bonifications de revalorisation quel qu’en soit le motif : un assuré n’en bénéficiant d’aucune perçoit donc un taux inférieur à cette moyenne. Le régulateur relève par ailleurs des écarts de rémunération pouvant atteindre 15 % entre deux épargnants assurés auprès du même organisme, selon l’offre commerciale souscrite et le poids relatif des unités de compte dans le contrat.
Le chiffre définitif de 2,63 % corrige une estimation préliminaire de 2,65 % publiée en mars dans une précédente étude de l’autorité. Les frais prélevés en amont ne sont pas neutres : le taux de chargement de gestion supporté par les assurés ressort en moyenne à 0,63 % en 2025 pour les contrats individuels et à 0,47 % pour les contrats collectifs.
Un écart désormais marqué avec l’épargne réglementée
Les provisions mathématiques des supports en euros des contrats individuels atteignent 1 207 milliards d’euros fin 2025, contre 1 178 milliards fin 2024. Celles des contrats collectifs s’élèvent à 154 milliards, contre 147 milliards. L’ACPR attribue cette progression à la revalorisation servie au titre de 2024 et à une collecte nette redevenue positive.
La comparaison avec les livrets réglementés s’est inversée. Le Livret A, rémunéré 3 % de février 2023 à janvier 2025, est passé à 2,40 % au 1er février 2025, puis à 1,70 % au 1er août 2025 et à 1,50 % au 1er février 2026. Le ministre de l’Économie a relevé le taux à 1,70 % au 1er août 2026, sur proposition du gouverneur de la Banque de France, sans coup de pouce par rapport à la formule réglementaire, le Livret d’épargne populaire étant maintenu à 2,50 % alors que le calcul aboutissait à 2,20 %. Sur 2025, le Livret A a servi une rémunération moyenne de l’ordre de 2,2 %, pour une inflation revenue à 0,9 % après 2,0 % en 2024. L’écart de rendement entre fonds en euros et livrets réglementés s’établit ainsi à près d’un point.
Deux leviers ont permis de tenir le taux
Le premier tient à la rotation des portefeuilles obligataires, qui constituent l’essentiel des actifs adossés aux fonds en euros. Le taux de rendement de l’actif est passé de 2,5 % à 2,8 % en 2025. Les obligations acquises avant 2021, à des rendements très faibles, arrivent progressivement à échéance et sont remplacées par des titres émis après la remontée des taux de 2022. Cet effet de renouvellement demeure actif mais s’affaiblit, les taux longs n’ayant pas poursuivi leur hausse au même rythme.
Le second levier est la provision pour participation aux bénéfices, réserve constituée par les assureurs pour lisser les rendements dans le temps et réglementairement redistribuable aux assurés dans un délai déterminé. Dotée pendant la période de taux bas jusqu’en 2021, elle est mobilisée depuis 2022. Elle représente 4,0 % des provisions d’assurance-vie fin 2025, contre 4,3 % fin 2024 et 5,4 % en 2021. La ponction est donc mesurable et le stock disponible se réduit d’exercice en exercice.
Des flux qui se sont retournés en faveur de l’assurance-vie
Le maintien de ces taux a produit un effet mesurable sur la collecte. L’ACPR relève une collecte nette exceptionnelle en assurance-vie hors épargne retraite en 2025, portée à hauteur de 37,8 milliards d’euros par les bancassureurs, tandis que les autres organismes d’assurance retrouvent un solde positif de 6,2 milliards après trois exercices de décollecte. L’autorité observe que ces flux évoluent en miroir de ceux des dépôts bancaires, hors intérêts capitalisés, ces derniers étant passés en décollecte.
Du côté de l’épargne réglementée, la Caisse des dépôts a enregistré une collecte négative de 0,77 milliard d’euros sur le Livret A et le LDDS au titre du mois de mai 2026.
La prochaine révision des taux de l’épargne réglementée interviendra au 1er février 2027. Les taux de revalorisation servis au titre de 2026 seront annoncés par les assureurs à partir de janvier 2027, les données consolidées de France Assureurs et de l’ACPR étant publiées au premier semestre suivant.
